Arcanum : Engrenages & Sortilèges

ARC001

     La révolution industrielle ! Le développement de nouvelles technologies ! Des opportunités économiques inédites ! De grands changements dans la société ! Mais c’est aussi une fracture dans laquelle s’opposent l’ancien et le moderne, la tradition et l’innovation. Ainsi, qu’arrive-t-il quand la magie rencontre la technologie ? La réponse dans Arcanum : Engrenages & Sortilèges. 

Sorti fin Août 2001, Arcanum : Engrenages & Sortilèges est un jeu de rôle en perspective isométrique édité par Sierra Entertainment et développé par Troika Games. Il s’agit du premier jeu de ce studio et deux autres suivront avant la fermeture en 2005: Le Temple du Mal Élémentaire et Vampire: The Masquerade – Bloodlines. S’il n’est pas rare d’entendre parler des Fallout, des Baldur’s Gate et de Planescape: Torment quand l’on évoque les RPG des années 90, début 2000, Arcanum occupe une place de choix dans le cœur de ceux qui s’y sont frottés malgré sa pléthore de bugs.

C’est l’histoire d’un mec…

Vous vous trouvez à bord du Zéphyr, un zeppelin dernier cri, quand celui-ci est soudainement attaqué par deux appareils volants. Fatalement, il finit par s’écraser et vous semblez être le seul survivant jusqu’à ce vous trouviez un gnome mal en point. Dans un dernier souffle, il vous demande de trouver un garçon et tandis que son agonie prend fin, votre aventure, elle, ne fait que commencer.

La cinématique d’introduction

Ceci dit, avant de foncer tête baissée dans ce monde hostile, la première chose à faire est la création du personnage. Et avec Arcanum, le joueur a de quoi faire tant les choix sont nombreux. Commençons par les choix de base, à savoir le choix du sexe et de la race.

Que l’on opte pour un homme ou une femme, le choix n’a que peu d’importance. Les femmes ont une quête en plus impliquant un vieux gnome lubrique et les hommes (à condition qu’ils soient Humain, Elfe ou Demi-Elfe) peuvent engager une romance avec Orfraie (Raven en VO) mais qui est loin d’être aussi marquante que les romances de Baldur’s Gate 2. De plus, les réactions des PNJ à l’égard de votre personnage sont les mêmes que vous soyez un homme ou une femme. Du coup si vous cherchiez un univers qui réagit à votre personnage comme dans Fallout 2, désolé, ce n’est pas le cas. Concernant les races, là aussi le choix n’implique pas de gros changements, si ce n’est quelques lignes modifiées à l’occasion. Remarquez que si vous optez pour une « petite » ou « grande » race, vous ne pourrez jouer qu’un homme. La raison est simple: il n’existe pas de sprite (rien à voir avec la boisson !) féminin pour ces races. La présence d’Antécédents lors de la création du personnage permet, via un système d’avantages qui entraînent des désavantages, de rendre chaque personnage unique. Une bonne idée que l’on ne retrouve pas souvent dans les RPG.

A chaque niveau gagné sur un maximum de 50, vous disposez de 3 points à dépenser. Vous pouvez alors débloquer de nouveaux sorts, de nouvelles aptitudes technologiques, de nouvelles compétences sociales ou augmenter vos caractéristiques. Alors oui, il y a beaucoup de choix pour seulement 3 points mais il faut relativiser. Les aptitudes sociales comme la persuasion ne prennent que 5 points à augmenter à fond. Il est ensuite possible d’acquérir le rang d’apprenti, expert et maître débloquant ainsi des effets supplémentaires. Les caractéristiques comme la Constitution débloquent un bonus une fois à 20 (pour la Constitution, vous devenez immunisé au poison) du coup il n’est pas conseillé d’aller plus loin. Et quant aux sorts, tous sont loin d’être utiles. D’ailleurs, beaucoup sont franchement inutiles.

ARC002 ARC003

En ce qui concerne la construction du personnage, l’on peut donc opter entre deux voies majeures. La Technologie ou la Magie. L’important est de garder à l’esprit que les deux éléments s’opposent et que c’est l’une des forces de ce jeu. Il existe différents objets magiques dans l’univers d’Arcanum. Même si ces objets peuvent être utilisés par n’importe qui, seul un personnage vraiment orienté vers la Magie pourra en tirer le meilleur. Comme vous pouvez le voir sur cette capture d’écran, l’indicateur encadré en rouge indique l’orientation de vos personnages. Ici, Magnus dispose d’un score de 60 en Technologie ce qui va l’empêcher d’utiliser efficacement les objets magiques. Admettons que l’on trouve une épée magique indiquant « Dégâts magiques +10 ». Si un personnage avec un haut score en Magie l’utilise, alors il sera indiqué que l’épée a une charge magique de 100%. A l’inverse, si l’on donne cette arme à ce cher Magnus, alors l’épée indiquera une charge de 40% ce qui veut dire que le bonus magique n’est appliqué qu’à hauteur de 40%. Ainsi, au lieu d’avoir un bonus de +10, Magnus n’aura qu’un bonus de +4.

Et cela ne s’arrête pas qu’à l’équipement. N’espérez pas soigner Magnus avec un sort de soin magique, Le sort risque d’échouer. Si Magnus veut se soigner, il vaut mieux opter pour une potion de soin. Mais les personnages Technologiques ne manquent pas d’atouts. Ils peuvent créer leur propre équipement et s’équiper d’armes et armures uniques. Et les pénalités s’inversent alors. Un personnage Technologique pourra utiliser cet équipement sans problème alors qu’un personnage Magique verra ses chances de réaliser un échec critique significativement augmentées.

De plus, le monde qui vous entoure réagit selon votre affinité. Les marchands d’objets magiques ne laisseront jamais entrer quelqu’un trop porté sur la Technologie. De même, n’espérez pas prendre le train si vous affolez les compteurs magiques.

Pour autant, il existe aussi un juste milieu. S’il est impensable de jouer un gnome qui lance des boules de feu de la main gauche tout en tenant un pistolet dans la main droite, rien ne vous empêche de ne pas investir outre mesure dans la Magie et la Technologie. Ainsi, vous pouvez très bien jouer une jeune ingénue qui dispose de scores en Beauté et Charisme élevés et qui va développer ses compétences sociales (Persuasion, Marchandage…) tout en connaissant un ou deux sorts de magie. De ce fait vous pourrez vous balader dans le monde avec une armée de compagnons qui se chargeront du sale boulot pour vous.

On en a gros !

Au cours de votre aventure, vous croiserez plusieurs personnes susceptibles de vous accompagner dans vos périples. Rares sont ceux qui vous suivront directement et il sera généralement nécessaire de répondre à quelques critères.  Ne pas être trop laid, être maléfique, avoir un minimum de Charisme… Il est important de noter qu’ils gagneront des niveaux en même temps que vous et qu’une différence de niveau ne pourra jamais être rattrapée. Ainsi, si vous êtes niveau 20 et que vous recrutez un niveau 2, il lui sera impossible de rattraper les 18 niveaux manquants. Quant au nombre de compagnons que vous pouvez avoir avec vous, il dépend de votre Charisme et de votre Persuasion.

ARC005

Notre héroïne accompagnée de 3 hommes, un demi-ogre, un nain, un homme lézard et un chien. Quel charme ! 

Il est important de noter que tous les compagnons ne se valent pas. Certains, comme Virgile qui est la première personne que vous rencontrerez, sont doublés par des acteurs et disposent d’une quête personnelle. Mais beaucoup d’autres ne seront que des aides en combat, ni plus ni moins. Quant aux dialogues entre compagnons, même s’il en existe quelques-uns, ils sont très rares. De ce fait, c’est dommage, mais il est difficile de s’attacher à eux comme l’on s’attache aux compagnons des jeux Bioware.

Et en ce qui concerne les combats, c’est comme pour les Fallout. Vous ne les contrôlez pas ! Ceci dit, que vous optiez pour des combats au tour par tour ou en temps réel, ils sont généralement efficace dans ce qu’ils font et ils ne risquent pas de vous tuer (Spéciale dédicace à Sulik qui m’a tué un nombre incroyable de fois dans Fallout 2 !). Par contre l’IA montre quelques défauts, comme Virgile qui dépense toute sa mana pour soigner un Magnus quasiment insensible à sa magie blanche…

Vous avez demandé un héros? 

Le monde d’Arcanum est vaste et vous êtes libre de l’explorer même s’il faudra parfois avancer dans la quête principale pour débloquer de nouvelles zones. Mais qu’il s’agisse d’exploration ou d’accomplir des quêtes, vous avez de quoi faire ! L’important est de prêter l’oreille aux rumeurs pour découvrir les personnes à la recherchent d’une aide extérieure ou juste pour trouver de nouveaux lieux sur la carte du monde. Rumeurs qui sont automatiquement inscrites dans votre journal une fois entendues. Et ça, c’est vraiment plaisant. Rares sont les jeux à consigner autre chose que les quêtes.

ARC006

Et plus tard vint la NSA.

Journal qui indiquera aussi vos quêtes et où vous en êtes dans leurs progressions. L’on regrettera cependant des descriptions parfois trop courtes qui n’aident pas le joueur à se rappeler ce qu’il faut faire. Parce que oui, vous serez rapidement noyé sous de nombreuses quêtes. Certaines se complètent rapidement et d’autres vous demanderont de parcourir le monde pour en voir le bout. De plus, des séries de quêtes ne sont destinées qu’à des personnages mauvais, offrant une bonne rejouabilité au titre. Quant à la quête principale, celle-ci est intéressante à suivre sans pour autant être réellement marquante même si elle ne manque pas de surprises.

Du plaisir, rien que du plaisir.

Même si le jeu est globalement assez facile, l’on s’amuse beaucoup à parcourir un monde immense, explorer les différentes villes tout en y accomplissant les nombreuses quêtes et découvrir des lieux cachés sur la carte du monde. Et pour vous accompagner tout au long de votre séjour dans cet univers steampunk, rien de mieux que les musiques composées par Ben Houge qui sont un ravissement pour les oreilles.

Thème musicale des mines.

L’ambiance du jeu est unique et l’on s’amuse à parler à tout le monde pour entendre les dernières rumeurs, à lire les journaux qui racontent les derniers événements, parfois liés à votre avancement dans la quête principale ou seulement des faits de société. Rien de mieux pour l’immersion ! De même, le clivage entre les grandes villes qui s’industrialisent au détriment des villages qui essayent de survivre ne laisse pas indifférent. Et puis, on s’amuse en jouant à Arcanum, et c’est l’essentiel, non?

ARC007

Vous ne passerez… PAS !

Même s’il a quelques défauts ou que certains autres RPG font mieux dans certains domaines, Arcanum : Engrenages & Sortilèges reste une expérience fantastique grâce à son univers unique qui s’appuie sur la dualité de deux domaines, à savoir la Magie et la Technologie. A cela s’ajoute un monde vaste dans lequel de nombreuses quêtes bien écrites vous attendent. 

Et aujourd’hui, on peut toujours y jouer ?

Graphiquement, le jeu n’est pas très beau et la résolution de base n’aide pas vraiment. De plus, comme nous le disions en introduction, le jeu a de nombreux bugs toujours non corrigés. Par chance, il existe un patch fait par les fans qui corrige les problèmes existants ainsi que plusieurs programmes pour améliorer le jeu, notamment pour augmenter la résolution. De plus les RPG en 2D sont les jeux qui endurent le mieux les années qui passent et pour peu que vous preniez la peine de vous lancer dans l’aventure, vous ne devriez pas décrocher avant d’en voir la fin, soit environ 50 heures en accomplissant toutes les quêtes secondaires. 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s